Archive de la catégorie «Lyon»

La Maison Villemanzy

décembre 14, 2007

Source : Bouchons, Brasseries et Restaurants Lyonnais

 La Maison Villemanzy 05

A quoi pouvait bien ressembler une maison bourgeoise à la fin du XIXe siècle? Fi des manuels de sociologie et d’histoire, la Maison Villemanzy offre de sympathiques éléments de réponse.

 La Maison Villemanzy 01

Si le restaurant occupe les lieux depuis près de 20 ans, c’est à la Rome Antique que l’on doit remonter pour savourer toute l’histoire du site. Avec sa vue imprenable, la colline vit tout d’abord s’établir un théâtre antique d’où l’on pouvait admirer la prospère Lugdunum en écoutant les grands drames classiques. Quand on retourna, en 1528, une partie des vignes environnantes, le propriétaire du sol découvrit des tables de bronze sur lesquelles avaient été gravé le discours de l’empereur Claude aux sénateurs en faveur des Gaulois.

 La Maison Villemanzy 04

Le 25 de la Montée accueillit dans un premier temps un monastère dans lequel vivaient en bonne entente les Dames des Colinettes. Récupéré par la ville – probablement lors de la confiscation des biens du clergé –, l’institution religieuse fut transformée en école militaire, avant que celle-ci ne déménage il y a près de vingt ans, cédant la place à l’actuel locataire des lieux.

 La Maison Villemanzy 03 La Maison Villemanzy 02

Clin d’œil aux derniers occupants, Jean-Paul Lacombe a rebaptisé son restaurant Villemanzy en hommage à un des intendants généraux de Napoléon. Boiseries, tableaux anciens, vieux miroirs et lustres Empire ont désormais investi les lieux dans une ambiance très XIXe siècle, réchauffée par de savoureux petits bibelots judicieusement chinés par le maître des lieux : ici, un paravent en cuivre doré en forme d’éventail, là, un service en argenterie légèrement passé, et, pour le plus grand bonheur des convives, une agréable terrasse avec une vue imprenable sur Lyon.

 La Maison Villemanzy 06

Toutes photographies : © Editions Ereme / Benjamin Carniaux

25 Montée Saint-Sébastien, 69001 Lyon
Tel +33 4 72 98 21 21

Recette : Volaille de Bresse au vinaigre de vin vieux

La Mère Brazier

novembre 26, 2007

Source : Bouchons, Brasseries et Restaurants Lyonnais

La Mère Brazier 01

Auréolé de toutes les gloires, le restaurant La Mère Brazier est sans aucun doute un des témoins essentiels de la vie locale mais également le symbole d’une réussite typiquement lyonnaise : celle des Mères.

La jeune Eugénie, fille de modestes paysans bressois, arrive à Lyon en 1914 pour servir dans les maisons bourgeoises. Assignée aux tâches ménagères, elle découvre cependant par accident la cuisine et par là même sa future vocation. Après avoir fait ses classes chez la Mère Fillioux, elle passe quelques années dans les cuisines de la Brasserie du Dragon où sa réputation se met à croître : on la dit alors plus douée que la Fillioux elle-même…

La Mère Brazier 06

Forte de ses quelques années d’expérience, Eugénie rachète en 1921 une petite épicerie-comptoir rue Royale pour y installer son propre restaurant. Elle y fait alors ses quinze couverts chaque soir avant d’être repérée par France Gastronomique et élue cantine d’Edouard Herriot. Le succès aidant, la Mère ouvre une deuxième salle en 1924 puis deux petits salons au premier étage. Les étonnantes céramiques en faïence Art Déco font alors leur apparition au rez-de-chaussée et à l’étage…

La Mère Brazier 04

Afin de s’échapper de cette vie où elle travaille trop, Eugénie achète une petite cabane en bois au Col de la Luère. Aussitôt installée, ses fidèles clients l’y suivent et, apportant les victuailles, la supplient de préparer quelques plats. L’endroit devient ainsi très vite prisé du Tout-Lyon qui s’y retrouve le week-end pour savourer cette délicieuse gastronomie champêtre. En 1932, le Michelin décerne ainsi deux étoiles aux deux restaurants, avant de leur accorder la troisième l’année suivante…

La Mère Brazier 03

Le 12 rue Royale, repris par le fils Gaston après la Guerre, continue d’émerveiller Lyon dans une ambiance plus décontractée : on y organise alors des concours de jet de Saint-Marcellin sur les carreaux de faïence et des feux de camp dans le bar, mais tout en maintenant une cuisine irréprochable. Sa fille Jacotte lui succédera an 1974 avant de passer la main en 2004.

La Mère Brazier 02

Le bar a gardé intactes ses admirables céramiques, tandis que les salles, avec leur chaud mélange de bois, d’argenterie et de tissus rouges, accueillent aujourd’hui encore les amateurs de volaille demi-deuil, à la carte depuis… 80 ans déjà.

La Mère Brazier 05

Toutes photographies : © Editions Ereme / Benjamin Carniaux

12 rue Royale, 69001 Lyon
Tel +33 4 78 28 15 49

Recette : Rognons de Veau Gaston Brazier

La Gargotte

novembre 16, 2007

Source : Bouchons, Brasseries et Restaurants Lyonnais

La Gargotte 03

Eugénie Brazier n’est pas encore aux fourneaux du restaurant voisin – elle fait à l’époque ses classes chez la mère Filloux rue Duquesne – quand la pâtisserie de la rue Royale voit le jour. « Tout le monde ne peut pas être de Lyon, faut ben en être d’un peu partout » dit une célèbre maxime lyonnaise peinte en lettres claires sur la devanture du petit commerce. Et pour cause ! Avec ses façades impériales et ses nombreuses traboules, le quartier fait partie intégrante de la ville de Lyon depuis peu.

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Rapidement connue dans les environs, la pâtisserie acquiert une solide réputation. Heureuses de se retrouver dans ce décor – le plafond aux élégantes moulures et les miroirs cernés de cadres dorés à la feuille donnent à l’endroit de charmants airs de salle à manger bourgeoise –, les dames du quartier papotent gentiment et laissent parfois échapper un gourmand regard d’envie devant les bugnes, radisses et autres matefaims qu’elles dégusteront bientôt. Même Eugénie Brazier y venait, dit-on, régulièrement acheter ses pâtisseries et peut-être admirer les ravissantes créatures dénudées à la longue chevelure, peintes à la manière de Mucha, qui ornent aujourd’hui encore la charmante façade de l’endroit.

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Depuis peu entre les mains d’Ivan Peric, un jeune chef croate disciple de Marc Veyrat, l’ancienne boulangerie a acquis ses nouvelles lettres de noblesse. Seul un bar a été ajouté dans ce lieu transformé depuis quelques années en restaurant, tandis que le grand laboratoire de derrière où pâtisseries et autres friandises étaient préparées est devenu une seconde salle. Tables de bistrots et chaises en bois brut ornent l’espace dans la plus grande simplicité, tandis que tomates et herbes folles poussent désormais dans les vitrines, selon les vœux du nouveau propriétaire.

La Gargotte 04

Toutes photographies : © Editions Ereme / Benjamin Carniaux

15 rue Royale, 69001 Lyon
Tel +33 4 78 28 79 20

Recette : Carré d’Agneau au Jus de Foin