Source : Restaurants, Brasseries et Bistrots du Bordelais

Un énigmatique fronton de pierre, murmurant le prénom d’une belle portugaise, surplombe une grande maison bourgeoise de l’allée de la Libération, dans la commune du Bouscat.


Le premier propriétaire des lieux, qui fit construire la villa Maria Luisa en 1860, était arrivé à Bordeaux en tant que consul du Portugal, et souhaitait s’établir dans un des quartiers les plus recherchés de la ville. Au hasard des mondanités et des rencontres – ou peut-être lors d’une des réceptions que celui-ci aimait tant donner dans les beaux volumes de sa villa – il sympathisa avec le consul d’Allemagne, lui revendant sa maison vingt ans plus tard. À la veille de la première guerre mondiale, celui-ci dut à son tour céder, avec tristesse, sa villa, à des particuliers cette fois.

Passant de mains en mains, la belle Maria Luisa finira par atterrir dans les mains de l’heureux inventeur du nom du Carambar, puis, plus tard de sa famille.

Quand M. Ouvrard, le dernier propriétaire, reprend les lieux après avoir revendu son restaurant de Bordeaux, la villa est occupée par un cabinet d’expert-comptable. La physionomie de l’espace a, depuis, quelque peu évolué…

Avec l’aide d’un architecte des monuments historiques, le nouvel acquéreur, passionné de décoration et d’architecture, déploie toute son énergie pour redonner aux lieux leur cachet d’origine. Moulures, boiseries, parquets Versailles et sols à carreaux refont alors leur apparition, tandis que le «Père Ouvrard» y apporte ses goûts plus personnels. Peintures du XVIIIe et du XIXe, lustres en cristal, consoles Louis XV, bronzes, poêle Gaudin investissent l’entrée et les différents salons, dans un doux désordre joyeusement orchestré.


Le chef d’orchestre fait malicieusement dialoguer une collection de bustes, dont une imposante figure de proue en bois polychrome, avec des peintures plus contemporaines, chinant, ici, un long bas-relief en plâtre des années 40 sorti d’un claque, qui surplombe aujourd’hui le comptoir, alors qu’il installe deux têtes de missiles dans la grande véranda en fer forgé – construite sur le modèle des salons d’hiver – à l’arrière du bâtiment.


Pour répondre aux premières chaleurs de l’été, les terrasses se sont agréablement déployées tout autour la villa, dressant leurs tables au milieu des sculptures et des bambous…

Toutes photographies : © Editions Ereme / David Bordes
39 avenue de la Libération, 33110 Le Bouscat
Tel +33 5 56 02 02 04
Recette : Filet de Bœuf au Foie Gras
Mots-clefs : 33110, Bordeaux, Filet de Bœuf au Foie Gras, Le Père Ouvrard, Restaurant